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Politique/Economie

Le mariage homosexuel : Paris et Londres, un débat simultané

By Adrienne Benassy
18/01/2013

Dimanche 13, deux jours avant l'examen du projet de loi "Mariage pour tous" à l'Assemblée nationale, entre 340 000 et 800 000 manifestants ont défilé dans les rues de Paris contre le projet. La controverse a également éclaté en Grande-Bretagne lorsque David Cameron a assuré qu'il légaliserait le mariage pour les couples de même sexe en 2015. Retour sur un débat qui divise les deux pays de chaque côté de la Manche.

À l’Assemblée nationale, l’examen, par la commission des Lois, du projet ouvrant aux homosexuels le mariage et l’adoption, a débuté mardi 16 janvier. La veille, à la demande de ses électeurs, Axelle Lemaire, Députée de la troisième circonscription des Français établis hors de France, a organisé un débat public au Arlington Centre de Camden à Londres. Axelle Lemaire et ses deux panelistes, Irène Théry, sociologue et directrice d’études à l’EHESS et Renaud Digoin-Danzin, directeur de la société SPIE UK, ont défendu ce qu’ils considèrent être « un véritable progrès de société ».

Une présentation en faveur du mariage pour tous

 

Axelle Lemaire
Axelle Lemaire

D’un point de vue juridique, Madame Lemaire a soutenu qu’il fallait donner un cadre à la précarité juridique dont souffrent les couples de même sexe dans la mesure où ils n’ont aucun droit dans le cas du décès de leur conjoint (héritage, reconnaissance du veuvage) et quant à l’autorité parentale (le parent social est démuni face au parent biologique).

Irène Théry a apporté un fondement socio-historique à cette question juridique en affirmant que le mariage homosexuel ne constitue pas un changement de société radical puisque la cellule familiale traditionnelle est en constante évolution depuis plus d’un siècle. Elle a également souligné que la question de la filiation devait être séparée de celle de la sexualité, montrant qu’historiquement l’éducation d’un enfant n’est pas allée de paire avec l’hétérosexualité.

Finalement, Renaud Digoin-Danzin a montré l’importance symbolique du mariage pour tous. Affirmer son homosexualité pouvant être un véritable frein à la progression d’une carrière, il serait impératif de permettre aux couples de même sexe de s’épanouir librement et sincèrement au sein d’une entreprise.

 

Un conférence plus qu'un débat

 « Vos interventions étaient très enrichissantes, mais il ne s’agit pas d’un débat. Tous les participants sont en faveur du projet, nous avons plutôt assisté à une conférence. » Certains membres du public ont immédiatement relevé la partialité de la discussion, mais Axelle Lemaire a nié toute intention d’écarter ses adversaires, prétendant qu’ils n’ont pas pu venir pour des raisons logistiques. En revanche, elle « regrette qu’on ait beaucoup débattu du débat, c’est-à-dire qu’une grande partie de leurs arguments consistait à dire pourquoi vous n’avez pas invité quelqu’un de l’opposition. ».

Le besoin d'un père et d'une mère

            Seuls les pratiquants et les membres de l'Église catholique considèrent que le mariage pour tous trouble l'institution maritale, l'opposition athée s'accordant à offrir aux homosexuels les droits civils qu'offre le mariage. En revanche, l'adoption et la procréation médicalement assistée sont loin de faire l'objet d'un consensus et catalysent la majorité des inquiétudes.  Le besoin d’une mère et d’un père dans la structuration de l’enfant a été au cœur des arguments contre l’adoption. Concernant la PMA, les inquiétudes se concentrent surtout autour de la question d’une possible dérive vers une fabrique industrielle des enfants. Néanmoins, Axelle Lemaire a signalé que la PMA ne faisait plus partie du projet de loi mis en examen.

Le Royaume-Uni, "un pays qui travaille sur ces questions"

La Députée a également insisté sur la dimension comparative du débat : « Je trouve très intéressant qu’on vit dans un pays qui travaille sur ces questions. Le « gay marriage » sera débattu à la Chambre des communes au mois de mars ». Le gouvernement de David Cameron, allié aux libéraux (Liberal Democrats) s’est en effet prononcé en faveur du mariage homosexuel civil. Il a rendu public mardi 11 décembre 2012, le texte, mais le projet de loi se pose dans des termes très différents en vue de l’étendue des droits accordés aux homosexuels en Grande-Bretagne.

A la pointe des droits LGBT (Lesbian Gay Bisexual and Transgender), les Britanniques ont ouvert aux célibataires le droit d’adopter un enfant en 2002 (Adoption and Children Act). Etre un couple hétérosexuel n’étant plus un prérequis, les homosexuels peuvent, depuis, adopter des enfants en tant que célibataires. En 2005, le gouvernement de Tony Blair a instauré l’Union Civile, reconnaissant aux homosexuels les mêmes droits que ceux qu’offre le mariage hétérosexuel. Finalement, la PMA a été autorisée en 2009, ouvrant aux couples homosexuels masculins la possibilité d’inséminer artificiellement une mère porteuse afin d’avoir un enfant.

Si la question du mariage entre personnes de même sexe divise la majorité au sein du parti conservateur en Grande-Bretagne, il n’en reste pas moins qu’il s’agit principalement d’une question symbolique, la principale crainte venant de l’Église anglicane qui refuse de célébrer des unions qu’elle ne cautionne pas. En effet, depuis 1534 (Acte de Suprématie), le souverain anglais est le chef de l’Eglise anglicane, et cette dernière remplit donc la fonction d’Etat Civil et tient les registres. Le projet de loi la sort donc explicitement du champ d’application de la loi, et laissera la possibilité aux religions qui le souhaitent de célébrer des mariages des personnes de même sexe.

Axelle Lemaire a soulevé un autre élément comparatif qui étonne de l’autre côté de la Manche: « ce sont les Tories, les Conservateurs britanniques, considérés traditionnellement comme la droite de la droite par rapport à la lecture de l’échiquier politique à la française, qui ont décidé d’introduire cette question du gay marriage dans le programme qui sera examiné à la Chambre de communes au mois de mars. » La droite française, qui se classe parmi les plus conservatrices en matière de droit LGBT s’étonne de voir le projet de loi en faveur du mariage pour tous naître de l’initiative du Tory David Cameron. 

Bien que le droit au mariage pour les homosexuels divise les sociétés de chaque côté de la Manche, les deux projets ont de grandes chances de devenir lois. À Londres, 56% des Tories et plus de trois tiers des travaillistes (ComRes) sont en faveur du projet. Ceci présage le passage en mars du projet de loi à la Chambre des Communes. Le  gouvernement français quant à lui reste déterminé à faire passer cette loi.
Le début de l’examen débutera le 29 janvier à l’Assemblée nationale. 

COMMENTAIRES:

22/01/2013 - lucyosullivan4 a dit :

British Conservatives are not the "right of the right". They are more centre left/right depending on policies.

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